| Les
supporters cannois, c'est bien le
plus grave pour le groupe de Stéphane
Paille, ne se rongent même pas
les ongles pendant les matchs.
A Coubertin, c'est très simple,
les inconditionnels d'hier sont devenus
les indifférents d'aujourd'hui.
Petit à petit, les ambitions
affichées au début de
saison par les Cannois deviennent
des leurres, rien d'autre.
Cela peut paraître ennuyeux,
grave, très grave même
au point que l'on reparle avec le
plus grand sérieux d'une éventuelle
descente en CFA, chez les amateurs,
à la fin de la saison.
C'est excessif pour le moment alors
qu'il reste encore vingt-trois matchs
à jouer dans ce difficile championnat
National.
Vingt-trois matchs, c'est-à-dire
soixante-neuf points à gagner.
Excessif peut-être à
cette époque de la saison mais
en sport, rien n'est impossible.
Aujourd'hui, l'évidence crève
les yeux : Cannes est au plus mal,
sans vraiment donner l'impression
de trop s'en inquiéter.
Les équipiers d'Anthony Losilla
ont beau afficher les intentions les
plus louables avant chaque rencontre
disputée à Coubertin,
ils sont régulièrement
incapables de tenir leurs promesses.
Incapables de concrétiser leurs
ambitions. Incapables de gagner le
moindre match à La Bocca.
Des chiffres décevants,
accablants, implacables
Les chiffres sont là, décevants,
accablants mais aussi et surtout terriblement
réalistes. Cannes, on ne le
répétera jamais assez
en cette période de disette,
n'a plus gagné le moindre match
de championnat à La Bocca depuis
la troisième journée
du championnat.
Il faut en effet remonter loin pour
trouver la seule victoire de la saison
remportée par les Cannois devant
leurs supporters.
Faites un petit effort - c'est vrai
que cela commence à dater -,
c'était le 18 août contre
Calais... sur un pénalty de
Franck Berrier que personne n'avait
vu sauf l'arbitre!
6 points sur 21 à domicile
Depuis plus rien ou presque à
La Bocca. Plus grave même, Cannes,
en sept rencontres sur ses terres,
n'a gagné que 6 petits points
sur 21 possibles. Un bilan qui en
fait l'avant-dernière équipe
du championnat à domicile.
Six points glanés face à
Calais (1-0), Louhans=Cuiseaux (0-0),
Romorantin (1-1) et plus près
de nous, samedi dernier contre une
bien faible équipe de Beauvais
(1-1) qui mena au score jusqu'à
la 71e minute de jeu avant d'être
rejointe sur un coup franc de Franck
Berrier détourné par
un défenseur picard dans son
but! Pour les Cannois, ce point avait
en réalité des allures
de miracle. Cannes chahuté
- le terme est bien trop faible -
à Coubertin lorsque les Rouge
et Blanc ne peuvent faire autre chose
que céder trois points aux
Tourangeaux de Daniel Sanchez (2-1),
aux Lavallois de Michel Rodriguez
(3-2) ou face à Vannes (1-0),
ce leader que personne n'attendait
en National.
Bref, à force de perdre point
après point sur leur pelouse,
les joueurs de La Croisette ont fini
par gaspiller ceux qu'ils avaient
courageusement gagnés à
Pau (1-0), Paris (2-2), Martigues
(22), Sète (2-1), Villemomble
(1-0) et Istres (0-0).
Dommage! Mais, il faut très
vite accepter l'évidence :
à Cannes, plus ça va,
moins ça va...
Pire, les jours qui arrivent risquent
d'être « chauds bouillants
» avant la trêve de fin
d'année avec quatre matchs
difficiles inscrits au programme des
Cannois : un déplacement à
Rodez dès samedi face aux footballeurs
des ex-Cannois Franck Rizetto et Miguel
Pacios, avant de recevoir Cherbourg
(01/12), de jouer en Arles (08/12)
puis d'accueillir SannoisSaint-Gratien
(21/12) puis de partir en vacances.
Si cela continue, les Cannois auront
bien du mal à éviter
les quatre dernières places
du championnat avant de découvrir,
forcément tête basse,
l'année 2008. Alors, que faire?
« C'est tellement plus
facile de licencier un entraîneur
»
• Changer d'entraîneur?
Il est forcément plus facile
de remercier une, deux, voire trois
personnes que d'en licencier vingt
ou vingt-cinq.
Nous avons toujours pensé que
licencier un coach à qui on
avait accordé sa confiance
les yeux fermés cinq ou six
mois plus tôt n'était
jamais la solution idéale.
C'est simplement plus facile et beaucoup
moins coûteux que de se séparer
d'une vingtaine de joueurs incapables
de respecter leurs engagements.
• La responsabilité des
dirigeants? Elle ne doit pas être
une seule seconde mise en cause.
Certaines banderoles injurieuses brandies
samedi soir à Coubertin n'avaient
pas leur place sur un terrain de football.
Il ne faut pas oublier que sans le
gros paquet d'Euros injectés
par les deux présidents dans
les caisses du club depuis leur arrivée,
l'AS Cannes n'existerait probablement
plus aujourd'hui.
• La responsabilité de
la municipalité? Le député-maire
Bernard Brochand et son équipe
ont toujours été aux
côtés du club. La Ville
de Cannes a même donné
beaucoup - beaucoup trop (?) - d'argent
à un club constamment dans
le rouge au fil des saisons passées
en troisième division.
• La responsabilité des
joueurs? Une fois encore, les footballeurs
ayant signé un contrat en faveur
de l'AS Cannes cette saison savent
pertinemment qu'ils ont rejoint Coubertin
et La Bocca avec une seule et unique
obligation: participer à l'accession
du club en Ligue 2 à la fin
de la saison.
Un objectif qui demande cette volonté,
ce courage, cette hargne et surtout
cette humilité qui manque tant
aux potes de Losilla.
Une humilité qui oblige certains
à savoir accepter la critique
des spectateurs, des supporters et
des journalistes.
Indignes de la prestigieuse
tenue Rouge et Blanche
On ne l'écrira jamais assez
mais, aujourd'hui comme hier, porter
le maillot de l'AS Cannes n'est pas
n'importe quoi.
II faut être capable de se battre,
de tout donner pour ce maillot-là.
seulement ceux qui n'acceptent pas
les critiques, sont indignes de cette
prestigieuse tenue.
En réalité, les seuls
responsables du malaise qui, petit
à petit, ronge un peu plus
encore l'AS Cannes, sont les joueurs.
Eux seuls ont les clés d'un
problème qui deviendra de plus
en plus inquiétant au fil des
défaites et des contre-performances.
Que certains joueurs changent
de métier!
C'est aux joueurs de se prendre en
main, de rattraper les points et le
temps perdus. S'ils en sont incapables,
ils doivent quitter un métier
qui n'est pas fait pour eux Quitter
un club de troisième division
est bien la preuve que l'on ne deviendra
jamais un joueur professionnel de
talent.
C'est la preuve que certains footballeurs
cannois - payés pour jouer,
il ne faut jamais l'oublier - devraient
très vite entrer enfin dans
la (vraie) vie active.
Là où l'on bosse trente-cinq
heures par semaine, parfois même
beaucoup plus pour gagner beaucoup
moins qu'un « footeux »
de National qui se traîne tous
les samedis sur un terrain. Mais ceux
là sont-ils capables de faire
autre chose que de mal jouer au football?
Les Cannois d'aujourd'hui n'ont aucune
excuse à faire valoir. Certains
sont des tricheurs qui se cachent
derrière de faux prétextes.
Arrêtons, une bonne fois pour
toutes, de cautionner les hypocrites
du ballon rond. Ils gangrènent
le plus beau jeu au monde, à
Cannes ou ailleurs!
Hervé SOMNARD(Nice-matin)
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